Une gameuze en stage dans un magasin de jeux vidéo

Parmi tous les stages que j’ai pu faire, il y en un qui m’aura particulièrement bien marquée. Celui dans une boutique de jeux vidéo connue en France pour avoir été à une époque la principale concurrente de Micromania. J’en garde un bon souvenir, d’une parce que je travaillais dans un univers qui me plaisait énormément et de deux… Parce que mes collègues étaient sympas. L’époque où j’ai fait mon stage, c’était encore une période où une fille jouant à des jeux vidéo n’était pas quelque chose de courant. C’est pour ça que toutes les anecdotes citées ici sont tirées de mon expérience, sans aucune exagération, promis. De toute façon, certains comportements étaient tellement énormes que je n’ai même pas besoin de rajouter pour faire drôle ou insolite.

1 – Le client qui me raccroche au nez

Comme cela est toujours le cas pour les boutiques physiques, lors de précommandes d’un jeu vidéo, nous devions à l’arrivée des colis, appeler les clients afin qu’ils puissent venir récupérer leur bien. Ce jour-là, mon responsable m’avait chargée de cette tâche et si dans l’ensemble, cela s’est plutôt bien passé, je suis quand même tombée sur quelques perles. Extrait de la conversation :

« Oui bonjour, c’est Score Games, je vous appelle, car votre jeu est disponible en boutique.

– C’est Score Games ? La boutique ?

– Oui monsieur.

– À Lyon ?

– Oui, là où vous avez précommandé [Nom du jeu]

– Bip… Bip…Bip

– Putain… Il m’a raccroché au nez ! »

Oui… Il m’avait raccroché au nez, comme ça, sans raison apparente, me laissant surprise et regarder bêtement le téléphone, comme si une explication logique allait apparaitre sur le combiné. C’est un mes collègues, présent lors de cet incident qui trouva l’explication en rappelant (à ma grande surprise) ce fameux client, afin de lui demander pourquoi est-ce qu’il m’avait raccroché au nez. Ce dernier avait LA réponse. Celle qui te fait répondre par un « Ah » tant l’explication aurait dû être évidente, mais qui m’a fait réagir plutôt comme ceci :

Facepalm

Sa réponse ?

« Bah… C’était une fille au téléphone ».

… Ok. Autant pour moi, la prochaine fois, je penserai à me faire un rail de testostérone pour avoir une magnifique voix virile. Bon, plus sérieusement et malgré le côté WTF, hormis sa surprise d’avoir une femme au téléphone, il ne savait pas que Score Games employait une femme… Et a donc cru à un canular. Pourquoi pas après tout hein…

2 – Le client qui pense que c’est une blague

Alors lui… Je ne comprends pas sa réaction. S’il était mal luné ce jour-là ou si vraiment, il était très sérieux. Après avoir commencé de la même façon que pour le premier jeune homme, il m’a hurlé dessus en me disant que s’il s’agissait d’une blague, elle n’était certainement pas drôle. Lorsque je lui ai demandé –en gardant mon calme- pourquoi est-ce qu’il pensait qu’il s’agissait d’une farce, il m’a rétorqué qu’appeler un chef d’entreprise pour lui parler de jeux vidéo, ce n’était définitivement pas une chose qu’il appréciait. Avant de clore la conversion, je lui ai répondu que pas plus tard que ce matin, un chef d’entreprise était passé acheter trois Wii pour sa société, dont une à disposition de ses employés pendant la pause et que beaucoup de nos clients étaient des adultes de plus de 30 ans, ayant un travail tout aussi respectable que le sien et avec tout autant de responsabilités. J’espère pour lui qu’il a des activités pour se défouler et qu’entre temps, il aura changé d’avis sur les jeux vidéo, car penser que c’est un domaine pour les enfants ou les adultes refusant de grandir… C’est tout aussi crétin et cliché que d’associer les jeux vidéo avec la violence et autres tueries. Ensuite, il y a les clients en boutiques. C’est probablement ceux-là qui me font le plus sourire encore aujourd’hui, car en plus de l’intonation de la voix, j’ai droit à l’expression de leurs visages complètement médusés. Je tiens à préciser que comme tous mes collègues masculins, je portais également la tenue de travail imposée, à savoir un t-shirt gris sombre avec écrit en gros le nom de l’enseigne (je me souviens que je nageais littéralement dedans puisque je portais un S mais pour homme). Évidemment, ça ne concerne pas tous les clients (et heureusement), mais simplement un ou deux sur cent si vous voulez avoir une échelle. C’est peu, mais ils ont tendance à plus marquer que les autres.

En revanche, celui qui m’a le plus marqué, c’est très probablement celui-là :

3 – Le client qui me demande ce que je fabrique ici

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Une fille ?! Où ça ?

Oui. Vraiment. On m’a demandé de justifier ma présence en boutique. Un client (accompagné d’un ami) m’a demandé, de façon on ne peut plus sérieuse, si je cite « vous vendez vraiment des jeux vidéo ? ». Franchement, je ne sais pas pourquoi je n’ai pas répondu par un « non non, je vends des parfums signés par la boutique et d’autres proposés par les éditeurs de jeux comme Ubisoft ! Vous voulez sentir ? ». Ma surprise peut-être. C’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi je n’ai pas explosé de rire, mais je pense que ma réponse affirmative a dû être sur un ton mi-sérieux, mi-amusé. Sauf que ce client n’avait pas du tout envie de s’arrêter à cette réponse et il m’a donc demandé si j’aimais les jeux vidéo et tant qu’à faire lesquels. Ce à quoi il m’a ensuite dit –comme beaucoup de monde à cette époque – qu’une femme jouant à des jeux vidéo, ce n’était pas commun et plutôt cool. Voilà, c’était mes petites tribulations dans une boutique de jeux vidéo et mis à part ces anecdotes, j’en garde un excellent souvenir. Que cela soient les collègues ou les clients. Certains étaient adorables, d’autres classiques (où le contact se limite à une vente après avoir questionné la personne sur ses goûts) et d’autres plus… exotiques, mais agréables malgré tout par leur spontanéité. Avant de conclure cet article, je tiens à rappeler que non, mon but n’était pas d’écrire un cliché sur les joueurs puisque je l’ai dit, il ne s’agit que de quelques clients parmi une foule bien plus importante et que dans l’ensemble, ils étaient tous polis et charmants.

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