Sucker Punch

sucker punch

Comme pour beaucoup de films ou séries que j’ai aimés (Lord of the Ring, Game of Thrones ou Harry Potter), il m’aura fallu du temps pour tomber dessus. Il est de notoriété publique que j’aime arriver à la bourre et m’exclamer par la suite à quel point tel scénario est juste génialissime. Si pour LoR et Harry Potter, je suis d’abord passée par une étape de rejet (je ne voulais pas suivre la mode ou bien j’étais trop occupée à jouer pour me tenir informée des derniers films sortis), on ne peut pas dire que ce fut le cas pour GoT. Quant à Sucker Punch… Je ne l’ai pas rejeté, pas une seconde. Je suis tombée amoureuse du film, dès la première scène, dès la première vidéo vue par hasard sur Youtube, suite à une discussion avec un ami (le même avec qui j’ai connu mes tribulations de gameuze).

D’ailleurs, je pense sincèrement que sans lui, et donc, la discussion que l’on a eu, jamais je ne serais tombée sur ce film (ou alors si, mais bien plus tard et donc je ne serais présentement pas en train de pondre un article dessus).

De mémoire, il m’avait passé cet extrait, parce qu’il trouvait que la musique collait bien avec la vidéo. Je n’aime pas l’artiste Bjork, mais ce qui a attiré toute mon attention, comme vous vous en doutez, c’est l’image. L’héroïne, le décor, le thème très fantastique et badass. J’avais envie d’en savoir plus et c’est comme ça que je me suis retrouvée à télécharger ce film, ne me doutant pas une seule seconde qu’après l’avoir vu, je serais prise d’une grosse envie de faire ma stalkeuse pour tout connaître à son sujet, quitte à acheter le DVD avec tous les bonus possibles.

Histoire & Analyse (garanti sans spoiler)

sucker punch

Sorti en 2011, le film est réalisé par Zack Snyder (le mec derrière 300), qui signe aussi le scénario. On suit l’histoire de Babydoll, internée de force dans un asile psychiatrique par son beau-père pour toucher l’héritage que son épouse a laissé à ses deux filles. Ce dernier n’en voulait pas qu’à la fortune familiale, mais également au fessier de l’une des deux sœurs, de préférence la plus jeune (chair fraîche, plus docile, toussa). Oui, en plus d’être un bâtard, ce dernier a des tendances pédophiles. Charmant personnage que ce beau-père pervers courant après une fortune qui ne lui est pas destinée… On a tout de suite envie de l’aimer, non ? Il n’est arrêté que par la tentative tragique de Babydoll de sauver sa sœur.

Tout le scénario tourne donc autour de Babydoll et sa tentative désespérée de s’évader de l’hôpital avant de perdre la raison. Pour parvenir à ses fins, elle va s’entourer de quatre autres internées, leur donnant l’envie de fuir du lieu pervers où elles sont emprisonnées. Entre mondes imaginaires fantaisistes et réalité, on assiste à un véritable voyage tant visuel que psychologique, oscillant entre des univers burlesques et steam punk futuristes.

D’un point de vue visuel, soit on aime les ralentis exagérés (et nombreux), soit on n’adhère pas. Difficile d’avoir le cul entre deux chaises quand Zack Snyder en abuse. Pour ma part… Je dirais que j’ai aimé, bien que j’aie pu trouver certaines scènes trop longues à cause de cette surenchère. En effet, on aurait pu se passer de certains ralentis, même si on devine le but de Zack, à savoir : mettre en valeur ses héroïnes en les rendant plus badass qu’elles ne le sont déjà.

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En parlant de l’aspect visuel, on peut dire que l’on se prend une claque dans la gueule tant les effets spéciaux sont réussis. Zack Snyder a pris son pied lors de la réalisation et ça se sent. Cela me fait revenir aux ralentis, puisque ces derniers peuvent nous donner l’impression que chaque scène est à savourer lentement, avec précaution, en prenant en compte tous les détails qui figurent en arrière-plan, lorsque notre regard arrive enfin à se détacher de l’action principale. C’est presque un euphémisme que de dire que l’on assiste à un déferlement d’effets spéciaux parfaitement orchestrés par le maitre d’œuvre.

Cependant, ce n’est pas ça qui m’a marquée au point de complètement flasher sur le film. Non, ce qui m’a transportée (littéralement presque, et non, je n’exagère pas), c’est son scénario incroyablement bien ficelé et dont on ne comprend tous les aboutissants qu’à la fin. On ne dirait pas comme cela en lisant le résumé puisque rien n’indique que le scénario est comparable à Inception et pourtant….

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Dès le début, le spectateur est invité à suivre l’histoire du point de vue de Babydoll, mais de nombreux indices sont là pour nous faire comprendre qu’il y a deux sens possibles au scénario de Sucker Punch. Soit celui que l’on se contente de suivre bêtement à travers ses yeux, et là, seuls les effets visuels comptent, soit celui bien caché parmi des dialogues et autres éléments du film.

C’est précisément cette partie qui m’a énormément plu, car il faut réfléchir et analyser chaque scène, délaissant le rôle premier du spectateur qui consiste à se laisser transporter par le film sans avoir à utiliser ses neurones pour comprendre. À plusieurs moments je me suis dit, et à raison, qu’il y avait forcément un sens second à Sucker Punch.

Néanmoins, et c’est là mon plus grand regret, pour comprendre la véritable intrigue du film il faut impérativement le regarder dans sa version longue (et non celle diffusée dans les salles de cinéma, raccourcie afin de ne pas être interdite à un public plus jeune). Sans cela, on peut aisément passer à côté du véritable scénario de Zack Snyder, et en ressortir en ayant l’impression d’avoir simplement regardé un film d’action féministe bourré d’effets spéciaux, quand ce dernier nous a offert bien plus qu’un orgasme visuel.

Conclusion

J’espère vous avoir donné l’envie de voir ou revoir ce film. Malgré ce que certaines critiques assassines ont pu affirmer à cause de son aspect visuel (notamment des héroïnes capables d’en faire bander plus d’un, y compris moi), ce film n’est pas uniquement destiné aux plus geeks d’entre nous. Il s’adresse à n’importe qui aimant une œuvre avec un scénario original, sortant du commun et délaissant les clichés habituels que peuvent nous fournir Hollywood et ses blockbusters.

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