Salem VS Witches of East End

Salem… Pour tomber sur cette potentielle pépite, j’ai dû me taper une autre série qui se veut Charmed-like : The Witches of East End. Rien qu’au titre, j’aurais dû le sentir venir que ça serait une bouse sans nom.

Witches of East End

Oui, on dirait bien une scène sortie d’un film ou d’une série des années 90.

Pour vous remettre dans le contexte, je venais de regarder avec assiduité les critiques de Obscurus Lupa concernant Charmed, quand je me suis rendue compte qu’en dehors de Games of Thrones, je ne suivais aucune autre série fantastique ou ayant pour thème la sorcellerie. C’est donc armée d’une folle envie de combler ce vide, que je me suis lancée en quête d’une nouvelle série à suivre. Ah, si seulement on m’avait dit ce qui m’attendait…

J’ai checké Google, curieuse de voir ce qu’il me conseillerait, et les premiers résultats pointaient tous sur une seule et même série : The Witches of East End.

« Deux jeunes femmes, Freya et Ingrid Beauchamp, font partie sans le savoir d’une longue lignée de sorcières. Alors qu’elles mènent une existence paisible, une série d’événements va amener leur mère Joanna à leur dévoiler la vérité sur leur héritage familial : elles sont en fait de puissantes et immortelles sorcières. »

Ouuuh le scénario de badass que voilà !

Je dois être honnête, à ce moment-là, je trouvais que le pitch ne présageait rien de si horrible, et puis les deux actrices principales me plaisaient bien (celle incarnant Joanna, et l’autre jouant le rôle de sa sœur Wendy). Sauf qu’à mon grand désarroi, j’ai très vite percuté que j’avais à faire à des scénaristes bien plus fourbes et bâtards que ceux derrière Charmed. C’est vous dire le degré d’horreur que je me suis tapée… Et non, mon jugement ne porte pas sur un seul épisode mais bien sur toutes les saisons. Oui, les, parce que ces sombres connards ont engendré une merde s’étalant sur deux saisons, et la troisième est en attente de validation.

Comme je le disais, si le synopsis laisse croire à quelque chose de fun, il n’en est rien. En fait, il sert surtout d’appât pour piéger tous les malheureux qui comme moi auraient eu la naïveté de penser qu’ils passeraient un bon moment devant cette daube.

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Voilà à peu près ce que j’ai vécu en visionnant cette saloperie. Un viol pure et simple de mon âme, et sans vaseline s’il vous plait.

Pour commencer, les acteurs sont principalement castés pour leur physique –avantageux dans la plupart des cas, les personnages sont sur leur lieux de travail uniquement lorsque cela arrange les scénaristes et se font la malle à tout moment, sans s’attirer les foudres de leur patron –oui, laisser en plan le client ou son boss n’est pas quelque chose de nuisible pour leur carrière, les personnages secondaires n’ont jamais aussi bien porté leur nom, les scénaristes n’hésitent pas à recourir à de trop nombreuses facilités scénaristiques, et enfin, la série cumule pas mal de clichés :

Freya, la fille cool et sexy travaille forcément dans un bar, pendant que sa sœur intello au look coincé travaille dans une bibliothèque.

– Leur mère habite dans un manoir et possède une fortune conséquente –mais ces dernières ne le sauront que lorsque cela  arrangera les scénaristes de rendre la famille Beauchamp riche, et ce sujet ne sera traité qu’une seule fois, alors que bon, savoir qu’on peut se toucher la nouille à volonté grâce à la fortune amassée par sa génitrice, ça a de quoi perturber n’importe qui.

À noter qu’un des clichés cités a été reproduit sur la première génération, puisque si Joanna Beauchamp est une version d’Hermione adulte, un peu vieux jeu et au style vestimentaire en raccord avec sa personnalité, sa sœur joue le rôle de la séductrice au look sexy et ténébreux avide de sexe. Il faut croire que dans cette série –et dans d’autres-, lorsqu’une femme devient une mère, elle n’est pas une femme, mais seulement une personne vouée à s’occuper de sa progéniture, ignorant ses intérêts et plaisirs. Aaaah, ces séries me feront toujours rêver quant à l’idée de faire level up un spermatozoïde dans mon utérus. Un peu comme comme le fait Babyboom en fait.

Bon, je la critique, mais on peut aussi être avide de fornication avec un look comme Joanna Beauchamp, hein, faut pas croire –parce que oui, dans un épisode des plus WTF, alors que celle-ci enterre son ex-mari mais pas si ex que ça, voilà que débarque d’on ne sait où son ex des années sixties, une afro-américaine avec qui elle aurait vécu une intense et « longue » histoire d’amour.

L’occasion pour les deux donc de se redonner une seconde chance le temps de l’épisode en question –l’enterrement de l’ex-mari mais pas si ex que ça, jusqu’à ce que les scénaristes ne changent d’avis, estimant avoir donné assez de visibilité à la communauté LGBT. Les personnages secondaires sont souvent considérés comme des bouches trous, oui.

À noter que Joana était mariée depuis 400 ans, mais qu’il lui aura fallu moins de cinq minutes pour faire son deuil. Bordel, si mon mari rendait l’âme pour sauver la vie d’une de mes deux couillonnes de fille en explosant sous mes yeux, je crois qu’il me faudrait une thérapie pour m’en remettre et non pas des baisers baveux échangés avec une ex revenue le temps de quelques instants.

Fuck la logique

C’est probablement dans cet état d’esprit qu’ont été tournés les épisodes.

N’ayant pas lu le livre dont est inspiré la série, j’espère sincèrement que l’auteur original, Melissa de la Cruz, a écrit quelque chose de moins pathétique que ce qui m’a été servi par les scénaristes de The Witches of East End. Je me doute bien que les livres pour ado’ cachent de nombreux torchons, tout comme chez les adultes, mais… Sérieusement, accoucher d’autant de clichés relève du haut niveau (digne de Fifty Shades de mes deux, et Twilight).

Cela m’amène donc à Salem. C’est en voulant savoir si j’étais la seule à avoir la dent dure contre The Witches of East End que je suis tombée dessus, une internaute expliquant que si l’on voulait regarder son équivalent, mais avec un scénario plus approfondi, sombre et surtout, cohérent, c’est du côté de Salem qu’il fallait se tourner.

(Pour information, durant mon investigation, j’ai principalement trouvé une communauté de fan –que je respecte- adulant une série sans âme, me donnant l’impression d’être une vieille nana aigrie et frustré devant tant de médiocrité ce qui n’est pas faux remarquez.)

Salem est tout le contraire de The Witches of East End.  Tout d’abord, l’histoire se passe au XVIIème siècle, et l’intro est claire, nette, et précise : la série n’est pas destinée à un public de midinettes en chaleur mais à des adultes (bon, j’exagère, elles peuvent très bien mouiller devant le héros mais elles ne seront pas prise pour des abruties finies au moins).

« Au XVIIème siècle dans le Massachusetts, le célèbre procès des sorcières de Salem livre de sombres vérités et éclaire ce que sont réellement les sorcières. »

La série n’est pas exempte de tout défaut (n’est pas Breaking Bad qui veut), mais quand on sort tout juste de 23 épisodes écrits par un(e) adolescente en rut et fan de Mary Sue, alors oui, on est en droit de bander et de crier au génie.

Salem

On est tout de suite mis dans l’ambiance.

Ce résumé nous fait bien comprendre que l’on va découvrir toutes les crasses que cachent le village de Salem et ses habitants, et c’est franchement jouissif. Malgré tout, je pense que l’on n’évitera quand même pas certains clichés :

– Le couple maudit, qui s’aime d’un amour fou, mais ne peut être ensemble –ça serait moins drôle sinon.

– Le héros, qui rappelle un peu un Aragorn du pauvre. Un homme solitaire, ayant délaissé son trou perdu –dans le cas présent pour une noble cause mais qui finit par revenir pour le sauver du danger qui le guette  –et aussi parce qu’il devait sacrément se faire chier une fois sa mission accomplie.

À l’heure actuelle, j’ai regardé les deux premiers épisodes sur les 13 que compte la saison. J’espère sincèrement que la série traitera du procès de Salem comme il se doit, sans forcément être fidèle aux faits historiques. Tant que le scénario garde une certaine logique du début jusqu’à la fin, je veux bien être bon public.

Edit : Je viens de lire que la série The Witches of East End ne connaitra pas de troisième saison. Comme c’est ballot.

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