Montage – Watanabe Jun

 L’affaire des 300 millions de yens

montage watanabe jun

Article sans spoiler.

Comme beaucoup d’entre vous certainement, très souvent, il m’arrive de m’égarer pendant mes achats. Plutôt que d’acheter l’objet qui m’a contrainte à délaisser mon PC, j’achète d’autres produits (jeux vidéo, vêtements, maquillage, mangas….) quand bien sûr je n’oublie pas carrément d’acheter ce pourquoi je suis sortie à l’origine (action plus communément connue sous le nom de fail). Vous aussi, il vous arrive d’oublier de prendre le paquet de PQ alors que vous êtes sorti exprès à 20h pour en acheter ? Vous avez déjà vécu un moment de solitude en réalisant que votre boite de Ferrero Rocher ne vous servira à rien aux chiottes ? Si oui, vous n’êtes plus seul.

Cette introduction des plus improbables me permet donc de vous expliquer pourquoi au lieu de simplement acheter « Sous un rayon de soleil » tome 2, j’ai également craqué mon slip en achetant Montage de  Watanabe Jun.

Résumé : Le vol de 300 millions de yens, perpétré dans une banque de Tokyo, le 10 décembre 1968, reste la plus grande affaire non élucidée de l’histoire criminelle du Japon. Malgré des recherches de grande ampleur, la prescription a sonné le glas de l’enquête, jusqu’à ce jour de 2004… Sur le point de mourir, un inspecteur révèle à un jeune garçon que son père est l’auteur du fameux cambriolage ! Entrainé par la roue du destin, Yamato réussira-t-il à élucider l’énigme du vol des 300 millions ?

Avec un scénario aussi intriguant et tiré de fait réel, je ne me voyais pas passer à côté. N’ayant pas envie de nourrir ma catégorie « Livres et mangas » avec d’anciennes lectures, ça me donnait une raison supplémentaire pour l’acheter. Au pire, pour 7€45, ce n’est pas la pire arnaque au monde, contrairement à certains jeux vidéo.

Comme le laisse supposer la première de couverture, le résumé et le style graphique de Watanabe, Montage se veut réaliste et proche d’un roman noir. Son approche du fait divers japonais reste fidèle à la version des faits officielle, seule la suite est tirée de son imagination. Le bémol se trouve cependant dans son introduction un peu tirée par les cheveux (deux gamins qui passent au bon endroit, au bon moment, et l’identité du héros révélé pour qu’il puisse connaitre la vérité sur son père. Mais que fait Captain Obvious ?!).

Notez que ça change de mon expérience avec Ochazukenori et son Manoir de l’horreur.

Même si au début j’étais dubitative à l’idée de m’attacher aux deux protagonistes, force est de constater que ce fut le cas. Alors oui, ce n’est pas non plus le grand amour après être arrivé à la fin du tome 1 et je me doute qu’ils sortiront indemne de leurs aventures, mais je veux en connaitre l’aboutissement :

– Yamato arrivera-t-il  à pécho Miku, sa meilleure amie ?

– Celle-ci va t’elle vendre son popotin (mais pas que) pour 300 millions de Yens ?

– Avec cet argent, iront-ils en Suisse au Panama ? (il n’y a pas que le pays du Ricola comme paradis fiscal, faites passer le message à Hallyday).

Montage - Watanabe Jun

Le suspense est à son comble.

Outre sa capacité à retranscrire sur papier une idée originale, Watanabe Jun nous livre un début d’enquête agréable et on se retrouve à apprécier Yamato, son héros taciturne. Remarque, se faire révéler par un futur macchabé que son père est le responsable du plus gros casse du siècle, ça calme tout de suite quand on a 10 ans.

Miku son opposée, joyeuse et bavarde. Présente au moment des faits (soit le dernier souffle de l’inspecteur après avoir soulagé sa conscience), elle se révèlera d’une loyauté sans faille puisqu’elle gardera ce secret pour elle. Ce qui lance la « roue du destin » n’est pas dû à une éventuelle traitrise de sa part mais à un fail de Yamato. Le con.

Le binôme se complète plutôt bien et contribue à ce que le lecteur éprouve de la sympathie pour eux (la base pour un auteur, vous me direz puisque même un antihéros, héros de sa propre histoire, a pour but d’être apprécié).

Après moult recherches sur le net, à ce jour je n’ai pas trouvé ne serait-ce que l’ébauche d’un scénario pour un film et c’est bien dommage.

Note : L’auteur et dessinateur est né le 10 décembre 1968, soit le jour où fut perpétré le vol.

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