L’oeil noir : les chaines de Satinav

L’oeil noir : les chaines de Satinav

les chaines de satinav

Allez savoir pourquoi, je suis dans ma période jeu point’n’click, avec depuis plus d’une semaine The Longest Journey en tête. Je le connais pour l’avoir fini il y a une décennie déjà, et de la même manière que j’essaie de troller mon cerveau en me perdant dans le retrogaming, j’ai eu envie de m’y remettre histoire de m’accorder une pseudo cure de jeunesse.

Pour une raison encore plus inconnue que ma soudaine envie de reprendre ce type de jeux vidéo, je n’ai pas touché à TLJ (à l’heure où j’écris, je fantasme encore dessus), pour en lancer un autre dans le même genre, mais loin, très loin de l’égaler.

L’histoire

satinav

Sorti il n’y a pas si longtemps, en 2012 pour être précise, et créé par nos voisins allemands (Daedalic Entertainment), L’œil noir : Les chaines de Satinav nous met dans la peau d’un raté. Pas complètement un minable non plus, mais on ne peut pas dire que sa vie ait été parsemée de réussite, le héros ayant la fâcheuse manie d’apporter avoir la poisse avec lui.

La première scène nous montre Geron, la tête maintenue enfoncée dans une auge par le sbire de notre ex-meilleur ami (un aperçu du bizutage au Moyen-Age, même si j’aurais opté pour un écartèlement dans les règles de l’art). Une balafre sur le front et des binocles en plus et on se croirait presque en train de rejouer une scène de petit pote Potty luttant contre son cousin.

Vous vous demandez peut être quel serait leur point commun, hormis leur capacité hors norme à se foutre dans la merde ? Simple, les deux arrivent à se servir de la magie, l’un plus que l’autre. C’est par ailleurs ce même talent qui explique pourquoi Geron est si mal aimé dans son village.

Cependant, l’histoire ne se base pas sur son aptitude à briser des objets (bien que celle-ci vous sera utile à de nombreuses occasions), mais sur le retour d’un mage noir qui avant de bruler vif sur un bucher, vous aura dans sa grande générosité lancé une malédiction. Je le soupçonne d’avoir mal vécu sa peine et d’avoir voulu se venger sur un gamin de quatre ans, aussi vierge qu’une pucelle. Tout tournera autour de votre capacité à empêcher le retour de ce même mage noir (l’écartèlement en lieu et place d’un feu de camp aurait réglé la question dès le début), tout en sauvant de ses griffes Nuri, une fée encore plus conne que toutes les damoiselles en détresses réunies (en tête de liste, Bitch Peach).

Le pitch est sympa et bien amené (malgré quelques scènes où je me suis sérieusement emmerdée), et on finit par s’attacher aux personnages (si, malgré le niveau élevé de connerie de Nuri). La fin devrait par ailleurs en surprendre plus d’un, mais permet d’introduire le jeu qui suit L’œil noir : Les chaines de Satinav.

Gameplay

Satinav

Vis ma vie de proxénète.

À moins que vous n’ayez rien lu de ce que je raconte (et dans ce cas, je vous méprise au plus haut point), ce jeu est un point’n’click, donc ne vous attendez pas à ressentir le grand frisson de votre vie en y jouant. La difficulté à travers les énigmes est assez bien dosée, sans pour autant être corsée (je pense avoir trouvé les psychopathes en la matière avec Funcom et leur MMO The Secret World), et il est tout à fait possible d’être aidé tout au long de l’aventure (au pire, vous faites pas chier et aller voir Google, il saura vous aimer aider).

Graphisme

Satinav

Pas de quoi vous taper le cul par terre tant c’est beau. Les décors en 2D sont biens, donnant l’impression d’avoir été peints, mais il y a mieux, beaucoup mieux. Les personnages en revanche laissent une sensation un peu étrange, comme si on les avait transposés là, sans se soucier de l’accord entre eux et l’arrière plan. Ca donne un peu l’impression d’avoir jeté son chewing-gum sur un tableau pour ensuite dire « regardez ça, c’est de l’Art ! ».

Millie Brown

On peut remplacer le chewing-gum par du vomi, ça marche aussi.

…. Bon, ok, j’extrapole peut être un chouia, mais vraiment, quelque chose cloche. De même, l’animation lors des discussions est décevante. Je m’attendais à plus de vie pendant les dialogues, mais non, raté, les PNJ expriment leurs émotions avec autant de conviction qu’un sociopathe confessant ses crimes.

Bande-son

Plus réussies que les graphismes, les musiques sont plaisantes et collent aux différents chapitres du jeu. Cependant, le doublage en anglais est bien mais pas transcendant non plus. Dommage que le sous-titrage en français ne soit pas exempt de tout défaut puisqu’il peut arriver que la traduction ne corresponde pas aux dialogues anglais.

Conclusion

L’œil noir : les chaines de Satinav m’a plu, mais n’a pas calmé mon envie d’aller jouer à The Longest Journey ou tout autre point’n’click. Malgré ses quelques défauts, il y a de fortes chances pour que je me laisse tenter par sa suite. Certes il m’a fallu un peu de temps pour pleinement apprécier le charme du duo (la faute principalement à une fée cruche et exaspérante par sa naïveté et sa niaiserie), mais le jeu n’en reste pas moins sympathique à découvrir.

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