La Cave – Richard Laymon

La Cave : un livre faussement gore

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La Cave – Richard Laymon

La Cave de Richard Laymon est un livre classé gore, mais que j’hésite à vraiment répertorier dans cette catégorie.

Je l’ai lu il y a deux ans maintenant (bien avant ma lecture jouissive du Livre Sans Nom d’Anonyme) et je garde toujours un souvenir glauque, dérangeant avec une pointe de déception. Cependant, avant de vous expliquer mon point de vue sur ce livre, autant commencer par le début, que vous puissiez mieux situer le contexte de l’histoire.

« On l’appelle la Maison de la Bête. Certains la visitent comme une attraction, attirés par son histoire de meurtres et d’esclavage sexuel. Ils y entrent sans savoir qu’ils n’en ressortiront jamais. Les hommes sont rapidement achevés. Quant aux femmes, c’est un sort bien plus funeste qui les attend. Mais le pire dans cette maison, c’est ce qu’il y a en dessous. Derrière la porte de la cave, au pied des escaliers grinçants, vit une créature purement maléfique. La nuit, quand la maison est plongée dans l’obscurité et le silence… la bête sort. »

Donna Hayes et sa fille Sandy, arrivent dans une petite ville qui abrite justement la maison de la bête, après s’être enfuies pour échapper à Roy, ex-mari et père ayant pour idole pedobear. Leur fuite s’explique par sa sortie de prison (pour acte de pédophilie envers sa fille, comme vous avez dû le deviner).

Dans le même temps, Jud et Larry arrivent eux aussi au même endroit, mais pour d’autres raisons puisque leur but consiste à élucider ce fameux mystère et démontrer aux yeux de tous que ce ne sont que des canulars.

Comme on peut s’en douter dans ce genre de livres, leurs chemins seront tôt ou tard amenés à se croiser, tout en assistant en parallèle aux faits étranges qui se passent dans cette maison.

Si le sujet est plutôt bien amené, avec d’un côté l’histoire d’une mère et de sa fille et de l’autre, deux chasseurs, ce que je reproche au livre, c’est le manque total de crédibilité à partir du milieu de l’histoire. À partir du moment où l’on est occupé à sauver ses fesses et celle de sa fille d’un ex-mari violent et pédophile (qui a juré de les tuer à sa sortie de prison), on ne batifole pas avec le premier venu, juste histoire de répondre à l’appel de ses ovaires. Je veux dire, elle est supposée être trop occupée à être sur les nerfs, angoissée voir terrifiée pour rester un jour de plus dans cette ville et forniquer dans la chambre d’un motel avec le premier venu, après avoir recommandé à sa fille de ne pas ouvrir la porte à un inconnu, pendant que maman redécouvre les plaisirs de la chair. J’ai vraiment eu du mal à adhérer à cette partie-là de l’histoire.

Autre reproche, les détails beaucoup trop présents concernant le père sur une gamine croisée sur son chemin. J’aurais voulu lire un livre traitant de pédophilie, je pense que j’aurais pris Lolita de Vladimir Nabokov. Là…. Les détails n’étaient pas du tout nécessaires et au final, on garde plus un sentiment de malaise concernant ce personnage que le héros même de l’histoire : la bête.

Richard Laymon a surement involontairement réussi à voler la vedette de son héros avec un personnage secondaire et c’est dommage. C’est d’ailleurs ce point-là qui me donne envie de classer La Cave comme un thriller et non un bouquin gore. Ici, pas d’effusion de sang et autres boyaux volants au gré des attaques d’un monstre. Non. Juste une course poursuite entre un pédophile –qui, après tout ce temps d’abstinence, kidnappe sur son chemin une gamine pour s’occuper un peu le zboub- et une mère de famille trop occupée à répondre à l’appel de ses ovaires pour prendre la fuite à temps. Heureusement qu’en arrière-plan on a toujours des meurtres suspects dans la maison de la bête, car sinon, on aurait vite fait de penser que la bête n’est autre que le zgeg d’un homme dérangé mentalement.

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