Judge

judge

Un des rares avantages lorsque je suis prise dans une frénésie d’achat, c’est qu’il m’arrive de tomber sur de bonnes surprises. Bon, dans le cas présent, j’étais surtout partie m’acheter le tome deux de Montage de  Watanabe Jun, quand j’ai eu envie de découvrir d’autres mangas, mais avec un scénario plus abouti, sombre, glauque voir trash. Un manga pour adultes en somme (tous ne se résument pas au Hentai). Au final, la vendeuse à qui j’ai demandé conseil m’a recommandé King’s Game (toujours pas commencé) et Judge, de Yoshiki Tonogai.

Après avoir indirectement causé la mort de son propre frère, Hiro vit rongé par le remords. Deux ans ont passé quand il se réveille soudain dans le noir, menotté et coiffé d’un mystérieux masque de lapin. Au bout d’un couloir, le corps sans vie d’un adolescent, et sept autres victimes terrifiées, enfermées dans une étrange salle de tribunal.

Mais aucun d’entre eux n’est vraiment innocent… Coupables d’un crime resté impuni, tous incarnent un des péchés capitaux : gourmandise, avarice, paresse, orgueil, luxure, envie et colère. Le procès peut commencer… À la fois juges et bourreaux, ils devront choisir toutes les douze heures celui d’entre eux qui sera sacrifié.

Judge peut au premier abord faire penser à différents films que vous connaissez forcément au moins de nom : Battle Royal (à l’origine un roman, qui existe aussi en manga, mais je préfère m’attarder sur la version de Kinji Fukasaku), Seven et Saw.

Pourquoi ? Car tout comme Seven, l’histoire utilise le principe des sept péchés capitaux (la colère, l’orgueil, la luxure, la gourmandise,…). Cependant, si dans le film les victimes sont punies (de préférence jusqu’à ce que mort s’ensuive) en utilisant différentes méthodes rappelant leurs fautes, dans le manga sont pénalisés ceux qui y ont succombé (en faisant le mal autour d’eux, que cela soit volontaire ou non).

Le clin d’œil à Battle Royal est assez évident, puisque comme dans le film, chacun se trouve obligé de tuer son camarade dans le seul but de sauver son cul (ou retarder l’échéance de sa mort). Ici, pas d’armes à feu, blanches et que sais-je encore puisqu’ils se retrouvent tous dans une salle d’audience, avec un compte à rebours de douze heures, leur laissant le temps de désigner quel est celui qui selon eux mérite le plus de mourir.

Enfin, la dernière référence rappelle énormément Saw (thriller un poil plus tordu). Ici, la marionnette Billy est remplacée par une peluche en forme de lapin, peluche qui leur indique également les règles du jeu dont ils sont les tristes héros.

gif saw

Merci Billy pour cette intervention.

Petit détail qui fait son charme (à mon sens), chaque personnage (au nombre de neuf) est doté d’un masque proéminent représentant un animal (lion, cheval, cochon, lapin, ours et loup). Présent sur la première de couverture, en dehors du résumé et du discours tenu par la vendeuse, ça m’a incitée à l’acheter, curieuse de savoir ce que représentaient ces masques (et donc quel était leur lien avec les sept péchés capitaux), mais aussi curieuse de savoir qui seraient les victimes de ce jeu, et qui se cachait derrière la peluche.

Judge tome 1

Le manga est terminé et s’étale sur six tomes. Ayant acheté il y a peu le tome deux, je ne regrette pas mon achat, même si je sais d’avance qu’il ne fera pas partie de mes bouquins préférés. Cependant, il a déjà sa place pour être celui que je conseillerais à toute personne fan de scénario glauque voire gore (quoique Judge est plus glauque que gore) ou recherchant un nouveau style qui s’éloigne du Shōnen et du Shōjo.

Yoshiko Tonogai est également l’auteur d’un autre Seinen, Doubt, un thriller où la pression psychologique prend le dessus sur la violence physique.

À noter qu’un film live reprenant l’intrigue de Judge est sorti le 8 novembre 2013 au Japon.

Rendez-vous sur Hellocoton !