Intérêt d’avoir été chef de guilde d’un point de vue professionnel

Chef de guilde

Il y a quelques années, j’avais psychoté concernant l’impact des jeux vidéo sur ma vie, après avoir lu un article traitant de ce sujet (mais sur un individu lambda, en lieu et place de ma charmante personne). Pourtant, là où l’article se contentait de traiter le thème d’un point de vue social, j’ai préféré y réfléchir sous un autre angle, en me demandant par exemple ce que cela m’avait apporté d’un point de vue professionnel. Il est indéniable que les jeux vidéo me font méchamment vibrer comme aucun autre objet ne pourra jamais le faire (ok, presqu’aucun autre objet…), mais pas au point de tomber dans des cas extrêmes. De toute façon, peu importe le sujet, les extrêmes, cay le mal.

Cependant, je ne peux pas nier le fait qu’avoir été chef de guilde pendant deux ans puis officier pendant six mois sur The Secret World a développé mes atouts (ça me rappelle que j’avais fait une lettre de motivation de fifou pour ce poste -en sachant qu’officieusement, je l’avais, mais fallait bien officialiser la chose dans les règles). Evidemment, dit comme ça, la question se pose de savoir lesquels, et c’est pour cela que j’ai essayé d’enfaire une liste. Avant d’entrer en profondeur dans le sujet, autant en profiter pour expliquer comment j’en suis arrivée là et ce que je pouvais bien fabriquer. Oui, l’air de rien, être chef de guilde implique beaucoup de responsabilités.

chef de guildeMais peut être pas autant.

Commençons par le commencement. Ma venue sur Flyff a été quelque peu forcée, puisqu’un membre de ma famille avait menacé de ne plus me parler sur émésen (MSN pour les incultes) si je ne ramenais pas mon fin et gracieux popotin de gameuze in game. Le lendemain, ayant une folle envie de trainasser avec cette personne, je me suis inscrite et nous avons joué ensemble jusqu’à ce qu’il aille se coucher. N’ayant rien de prévu le jour suivant, je passai donc ma soirée dessus (les joies de se taper une nuit blanche sur un jeu vidéo, ça n’a pas de prix. Pour tout le reste, il y a Master Card). À son retour, ce dernier a moyennement bien pris le fait qu’en quelques heures de jeu,je dépasse son personnage (j’ai su plus tard que cela n’avait rien d’un exploit puisqu’il était encore bas level et que l’xp était donc encore facile à gagner). Après avoir ensuite pris une raclée par des PK*, il est parti boudiner dans son coin IRL, et je suis restée à m’occuper de mon personnage, un brin amusée par sa réaction puérile.

Environ deux ou trois mois après, je fondis ma guilde pour une raison simple : j’avais envie de gérer une communauté, faire en sorte que ce beau monde s’entende, proposer des activités, avoir un but sur le long terme (pas forcément une notoriété puisque j’ai toujours fait passer le fun et l’amusement avant une quelconque célébrité éphémère et illusoire).

Petit détail qui a son importance : j’avais, avant de fonder ma propre secte, rejoint d’autres personnes, après avoir sympathisé avec le leader, malgré notre différence d’âge (j’étais bien plus âgée que lui). Cependant, je n’arrivais pas à m’y plaire, la guilde étant trop inactive à mon goût. Mon envie de gérer une équipe moi-même a dû trouver sa source durant mon passage chez lui j’imagine.

Les choses étant maintenant situées, on peut passer à l’étape suivante. En quoi est-ce que cela m’a été bénéfique, et surtout, en quoi cela m’a-t-il permis d’avoir une réflexion potentiellement intéressante dans le milieu du oueb-marketing ?

Être chef de guilde m’a amenée à assouvir ma soif de grandeur gérer plusieurs tâches et pexer certains traits de personnalité :

choisir le nom de la guilde : si certains donnent des noms à chier trop quelconques ou déjà vus, j’avais envie que le nom soit en rapport avec quelque chose que j’aimais et fasse « partie » de moi (dans un sens), sans virer dans le nom type « Super Sayen », « Lord de mes deux of Akatsuki » et j’en passe et des meilleures. Je tenais à ce qu’il respecte les codes de l’appellation d’une marque, c’est à dire qu’il soit court, facile à mémoriser, parlant pour le plus grand monde possible et…. représentatif de quelque chose que j’aime. Inconsciemment, je me suis même démerdée pour y foutre un clin d’œil Pokémon, mais ça, je l’ai percuté bien après.

Chat du Cheshire

Je ne suis pas folle vous savez ?

le recrutement et l’intégration des nouveaux : certainement la partie qui m’a amenée à réfléchir sur ce que je voulais sur le long terme concernant la guilde. Soit je recrutais en masse, au risque de perdre « la qualité » et l’âme que je souhaitais y instaurer, soit je sélectionnais, en fonction des affinités un comble pour une associable comme moi qui fait semblant de se soigner. J’ai choisi la seconde solution, même si certains m’ont rejoint totalement par hasard (deux d’entre eux se sont d’ailleurs révélés être de futurs bons amis, comme quoi….).

La guilde fonctionnait donc ainsi :

– Candidature sous forme de questions/réponses à remplir via le forum. Chacune d’entre elles était étudiée, puis après avoir pris en compte l’avis des autres membres de la guilde, je validais ou non la demande des candidats.

– Lecture et validation par tous les membres de la charte à respecter (règlement intérieur qui consistait surtout à rappeler que dire bonjour sur le chat de guilde ne faisait de mal à personne)

– Présentation des nouveaux venus sur le forum (libre à eux de se décrire au millimètre près)

Avoir un forum m’a aidé à mettre en place mes idées avec chaque partie correspondant à un thème précis (l’esprit de la guilde, les règles à respecter, les présentations, les événements propres à la guilde…).

Recrutement

Toujours garder la foi.

la diplomatie et la gestion de conflit. À moins d’être complètement utopistes, drogués ou bourrés, et contrairement à l’adage qui dit que « plus on est de fous, plus on rit », je dirais que plus il y a de monde, et plus il y a d’emmerdes à résoudre. Entre celui qui a décidé de s’autoproclamer Player Killer de la guilde (mais sans en assumer les conséquences, en venant quémander mon intervention pour récupérer ses objets perdus à force de trop jouer le psychopathe virtuel) ou celui qui aimerait prendre la place du responsable adjoint actuel en le tuant brûlant toutes les étapes possibles, on peut dire que j’ai été amenée à calmer bien des esprits, prendre sur moi et relativiser les choses (ce n’était qu’un jeu après tout, c’est vrai, mais certains semblaient l’oublier et en tant que chef de guilde, c’est quelque chose que l’on doit toujours garder en tête, surtout lorsque l’ambiance n’est pas au beau fixe). De même, cela permet d’apprendre à se détacher de la situation, de réfléchir en tant que leader (tout en étant neutre), de peser le pour et le contre et prendre les bonnes décisions ou choisir les bons mots.

la gestion de conflit

Exemple en image.

– l’animation de la guilde est probablement la partie la plus sympa pour un(e) chef de troupe. Dans mon cas, je me souviens avoir adoré proposer différentes idées, voir comment je pouvais les mettre en place, me débrouiller pour offrir différents lots sympas à gagner…. Cette partie là demande beaucoup d’imagination pour renouveler des projets sans se répéter, et une bonne dose de gestion (puisqu’il faut bien mettre en place l’événement, expliquer les règles, les lots à gagner, organiser le planning….). Quand je compare cette partie de ma vie alors qu’en parallèle j’effectuais mes études dans le management, je me dis qu’au final, j’étais vouée à avoir ce rôle au sein d’une communauté (oui, j’ai kiffé ma race et j’en suis fière).

Pour résumer, malgré les a priori négatifs que certains ont envers cet univers, plusieurs études ont prouvé que les jeux vidéo étaient au contraire positifs pour un individu (à condition de pas sombrer dans la dépendance), notamment sur ses capacités de réflexion (sa compétence à mettre en place une stratégie sur le court, moyen et long terme), et à être multitâche et rapide. Dans mon cas, je ne dirais pas que tout est dû à mon expérience in game, mais que cela a contribué à faire de moi une personne plus mature (notamment lorsque je devais prendre du recul et réfléchir sur les façons de résoudre les conflits), à acquérir des connaissances dans la gestion d’une communauté et d’un forum. Cela a aussi confirmé mon envie de m’investir dans un univers où je peux exprimer mes idées, tout en ayant la possibilité de prendre des décisions (de préférence les bonnes, on est d’accord).

Cet article ne vise pas à faire une généralité pour tous les joueurs, puisque chaque personne a sa propre expérience du jeu, mais je pense ne pas être la seule à y trouver un aspect positif d’un point de vue professionnel.

Certes, être chef de guilde ne dispense pas des cours appris à la fac ou à l’école, mais cela nous permet d’avoir une certaine expérience sur le terrain, même si elle ne rentre pas dans le cadre d’une expérience pro.

*PK : Player Kill. Les tueurs en séries virtuel. Ceux qui attendent que tu aies bientôt fini de tuer un boss pour porter le coup final et se tirer avec les drops.

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