HBO – La chaine des premières fois #3

Cette article fait partie de mon dossier décomposé en plusieurs parties et sous parties, traitant de la chaine HBO, allant de sa création, à son ascension et plus si affinité. Une façon comme une autre pour moi de vous cultiver sur Gameuze.fr.

Pour en apprendre plus avant de continuer votre lecture, ou bien vous rafraîchir la mémoire, l’article HBO – La chaine des premières fois #1 et HBO – La chaine des premières fois #2 devraient vous être utile.

Allez, c’est parti mes couillons, j’espère que vous êtes bien équipés parce que y a de la lecture (et de la bonne) qui vous attend.

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De diffuseur à producteur

HBO délaisse petit à petit ce qui était pourtant sa marque de fabrique : le sport & le cinéma, pour des séries toujours plus badass, innovantes et surtout, d’une qualité reconnue.

Il faut se remettre dans le contexte de l’époque pour voir à quel point HBO a énormément apporté aux séries télévisées. Le système des séries était surtout basé sur un principe simple : chaque épisode raconte une histoire, sans que le tout soit lié ensemble. La trame ne durait que le temps d’un épisode, sans que cela ne change le thème principal de la série. Dans le cas de la série The Cosby Show, on suit les péripéties d’une famille noire américaine. Sans savoir que le créateur et acteur principal, Bill Cosby, avait un penchant à ken des femmes, de préférence sans leur consentement. Charmant.

On observe ce schéma sur d’autres séries populaires, de sitcoms comme celle cité plus haut, ou de séries policières comme Magnum ou Hart to Hart (aka « Pour l’amour de risque » pour les non-anglophones). Globalement, cela s’observait dans toutes les séries diffusées à cette époque mais ne concernait pas les soaps opéras (Les Feux de Mes Couilles L’amour, Amour, Gloire & Beauté, et tant d’autres daubes dans ce style). Ces dernières obéissaient à des règles radicalement différentes mais que je n’aborderai pas ici. Je vous rappelle qu’on cause d’HBO & ses origines et non pas celles de série sentant un peu trop la mièvrerie.

Revenons-en à nos moutons. En tant que diffuseur, HBO n’a pas changé ce schéma. C’est en passant du côté de la force production qu’il bouscule les codes instaurés à l’origine par des annonceurs, avec aux commandes un mâle alpha : Chris Albrecht.

Les séries, à ses tout débuts, étaient entièrement financées par les marques, donc sponsorisées avant d’être produites dans l’optique de vendre des espaces de publicités ou comme dirait Patrick Le Lay (PDG de TF1 au moment de cette déclaration), du temps de cerveau disponible.

Elaborée dans les années sixties et toujours d’actualité, l’épisode de série type est découpé en cinq actes, afin de maximiser à fond le placement publicitaire (et se faire des couilles en or par la même occasion). Pour schématiser un peu le bidule, imaginez une fucking toile d’araignée, avec comme victime, vous, le téléspectateur qui peut difficilement échapper aux spots publicitaires.

Je vous rappelle qu’à l’époque, on ne pouvait pas mettre en pause son émission (le temps de terminer de se goinfrer, se vider ou ken si vraiment on est rapide) puis accélérer lors des publicités, et donc les zapper (technique testée et approuvée par ma sainte personne). A la limite, on pouvait juste changer de chaîne et faire des allées/retours mais c’est tout. Rien de bien folichon donc et c’était accepter de prendre un risque que de rater le début ou la reprise de sa série. Un peu ballot en sachant que les coupures étaient nombreuses.

Là encore, HBO va chercher à se démarquer des autres en proposant un système qui n’existait pas encore : l’absence totale de publicité durant les temps de diffusion d’une série.

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Être une chaine fonctionnant sous le principe de l’abonnement aide énormément à contourner cette règle, bien qu’elle perde un soutien financier non-négligeable. Pourtant, celle-ci saura faire de cette faiblesse une force indéniable : le fait de ne pas être soumise aux règles des annonceurs lui permet de passer outre la censure, de même que celle provenant de la FCC (paniquez pas, je vous en parle plus bas dans l’article).

De cette façon, HBO continue sur son principe de proposer des contenus inédits, que les téléspectateurs ne peuvent trouver sur d’autres chaines, tout en n’hésitant pas à aborder les thèmes tabous (oui, le cul en faisait partie mais pas que).

Cela se ressent énormément sur les séries produites par la société, et aura un impact considérable sur l’univers des séries en général.

Plutôt que de s’inspirer du schéma classique déjà existant, HBO, en passant à la production impose un nouveau genre : une série où les épisodes sont liés entre eux et qui abordent des thèmes forts, voir choc. Qu’il s’agisse de série ou mini-série, la narration se doit d’être de qualité, aidé par une liberté de ton quasi-totale.

A noter que Les contes de la crypte, bien que relatant une histoire différente à chaque épisode, a su se démarquer par son présentateur (toujours cadavérique) à l’humour cynique, noir et son générique qui aura marqué toute une génération.

Chris Albrecht, à la tête des programmations en 1995 amorce un virage qui se révélera marquant aussi bien pour la chaine que pour le monde télévisuel. Rien que ça.

Afin de poursuivre le travail de Michael Fuchs et de casser l’image de « chaine du sport et du cinéma » qui colle au cul d’HBO, il double les budgets consacrés au développement des programmes de prime-time (passant de deux millions à quatre millions de dollars par heure, soit le double des networks), et accorde 25 millions de dollars annuel à la promotion publicitaire. Un slogan est choisi un an plus tard afin de confirmer et de rendre plus visible cette envie : « It’s not TV. It’s HBO ».

C’est le début de l’âge d’or de la chaine, grâce à des séries qui marqueront le monde télévisuel : Oz, Les Soprano et Six Feet Under.

Traitant sans tabou de l’univers carcéral, de la mafia ou de la mort, HBO impose un style de série qui ne tardera pas à être copié tant par les chaines privées que publiques : le contenu visuel est de qualité de même que la narration, la richesse et complexité de ses personnages et les sujets abordés. Les dialogues sont crus (tout autant que mes articles) et la vulgarité présente, accentuant le réalisme des situations que peuvent vivre les personnages.

Nombreux sont les critiques à noter que la chaine donne ses lettres de noblesse aux séries, n’hésitant pas à narguer le septième art par leur qualité scénaristique. Certaines de ses mini-séries sont sorties au cinéma avant d’être diffusées sur la chaine ! Ce fut le cas pour American Splendor de Shari Springer Berman et Robert Pulcini qui reçut le prix du festival de Sundance en 2003.

HBO n’hésite pas à mettre les moyens lorsqu’il s’agit de financer des séries. Ce fut le cas pour Rome, qui connut deux saisons, mais qui faute de rentabilité ne put durer plus longtemps. Certes la qualité des intrigues et des décors étaient là mais pour assurer la pérennité de cette série, il aurait fallu que les audiences aient été bien plus importantes.

La seconde série à disposer d’un budget conséquent est Games of Thrones, série qu’on ne présente plus tant les médias (sérieux compris) s’acharnent à spoiler à tout va dès la sortie des épisodes, plus portés par la génération de cliques bâtards que sur le respect de ses lecteurs.

La chaine n’a plus rien à démontrer en matière d’innovation et d’audace. On peut traduire cette consécration avec la parodie de son slogan phare « It’s not TV. It’s HBO » par « It’s not Porn. It’s HBO », la vidéo démontrant le lien qui lie HBO à la sexualité.

Pour les non-anglophones, je vous laisse chercher la traduction sur Google. Bisou.

Il n’est également pas surprenant de constater qu’HBO est la chaine la plus primée aux Emmy Axards, cérémonie récompensant les meilleures émissions et professionnels de la télévision américaine depuis 1949. Elle est considérée comme l’équivalent télévisuel des Oscars (pour le cinéma), des Grammy Awards (pour la musique) et des Tony Awards (pour le théâtre).

Un dossier Games of Thrones verra le jour si la demande est là (que je trime pas pour rien, faut pas déconner les gars).

La FCC

La censure au pays de Trump est ancienne et dans le cadre du cinéma, remonte au début des années 1900. Elle est intimement liée au cinéma, il n’est donc pas surprenant de la voir régir la vie des téléséries, y compris à notre époque.

Aux Etats-Unis, bien que cela remonte à 2004, tout le monde se souvient encore de l’affaire « Nipplegate », un scandale touchant un boobies épris de liberté lors d’un show du SuperBall, émission sportive la plus regardée chaque année. Il est intéressant de noter la différence de traitement médiatique entre la propriétaire du boobies égaré, Janet Jackson, et le libérateur, Justin Timberlake mais c’est un autre débat, traité infiniment mieux que moi quelque part sur la toile. Un indice : Google est votre ami.

Créée en 1934 par le congrès de mes couilles américain, le rôle de la Federal Communications Commission (Commission fédérale des communications) consiste à réguler les télécommunications et les contenus des émissions de radio, télévision et Internet.

Ce modèle existe aussi en France avec le CSA, bien que ce dernier ne gère pas les contenus issus de la toile (malgré ses veines tentatives pour contrer l’émission phare de Monsieur Poulpe : Les Recettes Pompettes). De même, ses commissaires ne sont pas nommés par le président, à contrario de la FCC.

HBO n’a eu de cesse d’échapper à la main mise de la FCC sur les diffusions audio visuelles en gagnant leur indépendance, leur permettant à terme la liberté de ton qui a fait le succès de la chaine.

Un modèle qui sera copié

Son système original ayant été couronné de succès, il est normal (même si bâtard) que des concurrents en manque de créativité aient voulu l’imiter.

Showtime, autre chaine privée, sera une de ses plus grandes rivales, lancée le 01 juillet 1976. Détenue par CBS Production, Showtime propose elle aussi du sport, des films et des séries originales (Dexter, Dead Like Me, Stargate SG-1…).

Cependant, l’impact d’HBO ne s’arrête pas sur le secteur des chaines privées et payantes, puisqu’elle a également touché les chaines publiques comme ABC, NBC et bien d’autres.

Ne serait-ce que sur le contenu des dialogues, HBO a bouleversé la donne qui était de faire dans le politiquement correct avec un langage modéré et adapté à toutes les âmes sensibles, quitte à nuire à la crédibilité des situations.

Une étude montre que le diffuseur est en partie responsable de l’augmentation de dialogues en langage ordurier. Dans les séries dramatiques, le langage familier était utilisé au service du réalisme quand dans les séries, il servait l’ironie des situations.

Autre conséquence visible des changements positifs apportés par la chaine sur ses concurrents : leur programmation. Des séries à succès comme 24H, Desperate Housewives, Lost ou bien The Shield ont indirectement comme papounet la chaine sulfureuse.

Mad Men, autre série à succès et que l’on retrouve sur AMC a d’abord été à l’origine proposée à HBO, qui déclina le script pour le plus grand plaisir de son concurrent. Askip, le malheur des uns fait le bonheur des autres.

Les séries, certes, continuent d’être taillées pour les publicités (24H est un exemple flagrant) mais l’intrigue doit tenir toute la saison voir au-delà, afin de toujours maintenir l’intérêt du téléspectateur.

En France, Canal+ (futur Canal Bolloré) s’est inspiré du modèle HBO pour se lancer, en proposant une chaine qui ne serait pas financée par la publicité ou la redevance mais avec un système de péage. Cette dernière s’est également inspirée d’HBO, qui dès 1986, brouilla sa chaine aux non-abonnés afin de contrer le piratage. De même concernant le contenu, bien qu’à l’origine pensée pour proposer des émissions culturelles à une CSP spécifique, la chaine s’oriente sur du cinéma, du sport et un rendez-vous mensuel classé X. Les vieux de la vieille sauront de quoi je parle.

Il est plutôt amusant de constater que la chaine française a réussi à égaler son maitre. Cela s’est confirmé avec sa série Maison Close, dont les droits d’exploitations ont été vendus à… HBO.

Autre source d’inspiration de Canal Bolloré envers son ainée, la déclinaison de bouquets, qu’HBO propose depuis 1998 avec l’apparition de six déclinaisons supplémentaires : HBO2, HBO Signature, HBO Family, HBO Comedy, HBO Zone à partir de 1999 et HBO Latino en 2000 et enfin, un service de vidéos à la demande dès 2001.

Prochain épisode, la menace fantôme que n’avait pas vu venir HBO en la matière de…

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Non en fait vous n’avez qu’à chercher et vous démerder me dire en commentaire, c’est trop facile de vous mâcher le boulot.

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