Game of Thrones : Le Trône de Fer

Game of Thrones : Le Trône de Fer

Game of Thrones : Le Trône de Fer

J’ai commencé le jeu sans regarder de tests, Gaming Lives ou Let’s Play afin d’être sure de découvrir le jeu seule. Obtenu après avoir acheté un pack bundle comprenant entre autre Trine et Trine 2 (raison de mon achat), je me suis laissée tenter il y a peu.

Je ne sais pas trop pourquoi, mais je m’attendais à un jeu de stratégie un peu comme ceux du Seigneur des Anneaux, qui m’aurait fait livrer batailles après batailles pour destituer le consanguin Aerys, dit Le Roi Fou.

Que nenni, rien de tout ça ne m’attendait en lançant Game of Thrones : Le Trône de Fer ! Dans ce titre orienté jeu de rôle, vous  contrôlez  votre avatar à la troisième personne et visitez plusieurs lieux connus (et moins connus) de Westeros. Le jeu nous embarque dans son univers, aidé d’un scénario qui respecte l’œuvre de l’auteur (facile, vu qu’il a donné de sa personne en tant que consultant. Scénario écrit par Cyanide, boite de développement française, George R. R. Martin a vérifié si le tout collait ensemble avant de le valider. A noter que notre cher scénariste fait une apparition dans le jeu, à la manière d’un Peter Jackson dans ses propres films).

Cameo Peter Jackson

On t’a vu Peter.

L’histoire

Le jeu se déroule 15 ans après la victoire de Robert Barathéon sur Aerys, très peu de temps avant les aventures relatées dans le livre (et par extension la série). Cela nous permet d’assister de loin aux machinations qui se trament à Port-Réal, siège de la Cour.

Tout au long de la partie, vous alternerez entre deux personnages :

Mors Westford : Fidèle membre de la Garde Nuit depuis 15 ans, il ne se sépare jamais de son chien, qu’il peut contrôler grâce à ses capacités de Zoman. Peu loquace mais loyal envers ses frères, il sera amené à résoudre des missions bien plus complexes qu’il ne l’aurait imaginé au premier abord.

Alester Sarwyck : Héritier de la maison Sarwyck, vassale des Lannister, il revient après un exil de 15 ans qui lui aura permis d’avoir la révélation d’une autre religion, celle des habitants des Cités Libres. Devenu Prêtre Rouge, il revient sur les terres où il a vu le jour pour assister à l’enterrement de son père et découvre que bien des choses ont changé depuis son départ. Sa particularité réside dans sa  capacité à maîtriser le feu (merci le Dieu Lumière hein) sans pour autant virer en un pyromane sanguinaire.

Melisandre gif

Non, toi tu peux être folle et prêtresse à la fois.

Le scénario, bien qu’ayant une place très importante dans le jeu vidéo, ne suffit pas à nous emporter complètement à Port-Réal ou Château Noir et ses environs, la faute à quelques bugs, un graphisme vieillissant et d’autres défauts, mais j’y reviendrai.

Sachant que tous les fans de la série n’ont pas forcément lu les livres, les développeurs ont eu la bonne idée de mettre dans le menu un codex racontant l’histoire des lieux visités, personnages croisés et les croyances des habitants. De plus, un résumé de vos actions se lance à chaque fois que vous voudrez rejouer ou basculer de héros (à chaque fin de chapitre). Très sympa si vous espacez vos sessions de jeu, vous ne risquerez pas d’être perdu en cours de route.

En dehors de la quête narrative, des quêtes secondaires viennent rallonger la durée de vie du jeu sans être d’une très grande importance (retrouver différents items représentant les Sept, déloger un homme qui s’est dit que se taper l’incruste chez une prostipute catin serait sympa….). Cependant, certaines ont une durée de vie limitée et ne pourront également être accomplies passé un certain nombre de chapitres (le jeu en comptant 15).

Gameplay

Jeu jouable à la troisième personne, il est fortement conseillé d’y jouer à l’aide d’une manette si vous êtes sur pc (ce fut mon cas). Dans le cas contraire, la maniabilité risque de ne pas être très plaisante.

Les phases de combat se passent en temps réel avec la possibilité de mettre une pause active afin de lancer des attaques spéciales (qui dépendent d’une jauge qui se remplit seule) et programmer celles de vos alliés. La prise en main, bien que contraignante (jongler entre vos attaques et celles de vos alliés pour les combiner), est assez rapide.

Game of Thrones _ le trône de fer

Comme tout bon jeu de rôle qui se respecte, vous serez rapidement amené à prendre des décisions, qui en plus d’être importantes (sur le court, moyen et long terme), peuvent vous octroyer des nouveaux traits de caractères :

Increvable : Comme le dit si bien le nom, vous devrez résister à une vague d’assaillant prêt à vous dépecer, empaler ou écarteler. Peu importe la manière tant que vous rendiez l’âme après avoir souffert  de la façon la plus atroce possible. Bonus : Résistance au dommage augmentée.

Nostalgique : Déblocable si vous racontez votre vie avec le premier venu dès qu’il vous en sera donné l’occasion. Bonus : Un point de compétence en plus par niveau.

Ils font partie des caractéristiques à choisir dès le début du chapitre où vous incarnez votre personnage pour la première fois. En tout, vous pouvez en avoir six, en comptant les trois malus que vous devrez obligatoirement prendre si vous avez choisi trois bonus. Vous devrez aussi choisir quelles seront les compétences et la classe de votre héros, à défaut de pouvoir le personnaliser complètement.

Ces aspects n’ont pas été approfondis puisque les développeurs se sont contentés de suivre les bases du jeu de rôle. Comptez trois types de classes et une dizaine de sorts à débloquer, le double si vous prenez en compte les capacités spéciales. Votre héros est capable de manier des armes contondantes, tranchantes ou perforantes, chacune ayant un bonus contre un type d’armure spécifique (légère, intermédiaire, lourde). À vous de choisir quelles seront ses armes de prédilection (épée, lance, arc….) ainsi que sa classe (ça serait idiot d’équiper un assassin d’une armure lourde….).

Il est à noter que lorsque vous changez d’équipement, celui-ci est visible à l’écran. Quoi de plus amusant que de se pavaner chez la Garde de Nuit habillé en sauvageon ?

Jon Snow

Demandez à Snow, il vous le dira.

Graphisme

Même en ultra, le jeu n’en demeure pas moins en retard techniquement. Si Game of Thrones : Le Trône de Fer n’est pas vraiment immonde et reste fidèle à la description des lieux et des personnages déjà connus des puristes (ou pas), il est loin, très loin de marquer les esprits ou d’égaler d’autres jeux devant lesquels on pleurerait presque tant les détails sont travaillés (notamment l’environnement ou les architectures). Je pense à la licence d’Ubisoft, Assassin’s Creed, qui même si certains défauts demeurent, nous transporte complètement dans l’univers des Templiers et des Assassins.

Dans un autre registre encore, Red Dead Redemption, qui bien que sorti en 2010 a su conserver tout son charme. Remarquez, quoi de plus normal quand on sait que Rockstar est le père de cette production ?

No, i'm your father

Non, pas toi.

Ici, les personnages sont figés (y compris lors des cinématiques) et c’est bien dommage car ils accentuent le manque de vie dans les différents lieux que vous visiterez. Peu d’habitants sont présents et tous ne sont pas forcément animés.

Cet aspect trop figé des PNJ pourra prêter à sourire lorsque vous vous retrouverez accompagné par l’un d’entre eux. Ne vous attendez pas à le voir prendre ses jambes à son cou lors des combats mais plutôt regarder la lutte (ou le vide), les bras croisés, pris d’un terrible ennui. Et peu importe s’ils sont proie à de nombreuses tentatives d’assassinats, ils ne bougeront pas d’un pouce ! Il n’y a pas dire, les habitants de Westeros ont des couilles en acier.)

Enfin, si l’on reconnait parfaitement l’acteur James Cosmo qui incarne le lord Commandant de la Garde de Nuit, Jeor Mormont, on ne peut pas dire que cela soit le cas pour la reine des Sept Couronnes, Cersei Lannister. Même maintenant, j’ai encore un peu de mal à lui trouver une quelconque ressemblance avec Lena Headey.

Game of Thrones - Le trône de fer

Bande-son

Cyanide n’a pas pris trop de risques pour l’introduction en reprenant le générique de la série. Un peu facile mais pas dérangeant.  Le travail sur l’ensemble n’est pas désagréable du tout, collant parfaitement à l’univers médiéval et aux événements qui peuvent survenir au cours de votre aventure. Le doublage en anglais est convainquant sans tomber l’excès. Petit bémol par contre concernant la bande-son en ville beaucoup trop répétitive.

Conclusion

Si vous aimez l’univers de Game of Thrones et souhaitez poursuivre votre aventure en dehors de la série ou des livres, le jeu devrait vous plaire. Il en est de même pour les amateurs de jeu de rôle à condition de fermer les yeux sur les défauts du jeu. Ce n’est pas le jeu de l’année et il ne laissera pas une empreinte digne de ce nom dans votre mémoire mais il aura le mérite de vous faire passer de nombreuses heures dans un autre univers. Pour cela, il faut juste lui laisser sa chance et se plonger dans le scénario.

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