Fugglers

C’est un secret pour personne, je voue un amour immodéré à la procrastination, qui me sert justement de prétexte pour vous parler de mes trouvailles sur le oueb. Comme pour The Lord of the dance, Tony Swatton ou Future World Music, c’est en glandant en toute innocence que je suis tombée sur des créations originales, flippantes et… attachantes.

Fuggler est le nom d’une marque créée par McGettrick, une anglaise très portée sur l’humour décalé. Ses peluches se démarquent principalement par leur coté repoussant (mais pas trop). De la même manière qu’Ubisoft a crée des lapins complètement crétins dotés d’un corps loufoque, cette créatrice a affublé ses petits monstres de dents proéminentes, mais qui, bizarrement, contribuent à leur charme. Contrairement aux rumeurs, leurs dents ne proviennent pas de cadavres décomposés, dommage.

Ayant passé commande (oui, ne paniquez pas, mon futur monstre chéri sera fièrement exposé sur mon trône Facebook et Twitter, après m’en être servi pour réveiller ma petite sœur en douceur), j’en ai également profité, curieuse comme je suis, pour lui poser quelques questions. Elle a eu l’amabilité d’y répondre, faisant level up Gameuze.fr par la même occasion.

Fuggler in love

Il ne demande qu’à vous offrir son cœur. Littéralement.

1. Pouvez-vous vous présenter auprès des lecteurs ?

Je m’appelle McGettrick et je dirige la la Grande Boutique McGettrick’s Fuggler.

2. Comment définissez-vous les Fugglers ?

Les Fugglers sont des créatures un peu dérangées taillées à l’aide de feutre de rembourrage, et de fausses dents humaines. Ma collection actuelle est destinée aux adultes, mais je prépare une gamme adaptée aux enfants.

3. Comment et quand vous est venu cette idée ?

Tout a commencé en fin d’année 2010. Je surfais sur le net à la recherche de cadeaux pour Noël. Fautes d’idées, je me suis résolue à taper des mots au hasard sur eBay dans l’espoir de tomber sur une source d’inspiration. Au lieu de cela, je suis tombée sur une annonce pour un sac de fausses dents individuelles.

Je n’arrivais pas à comprendre les raisons qui poussaient le vendeur à proposer ce type d’articles, et encore moins les raisons qui auraient poussé une personne à en acheter. Je me souviens être resté assise à regarder l’écran pendant des siècles en secouant la tête, et puis soudain, cette image a surgi dans mon esprit. Je voyais une petite vieille dame les acheter et les utiliser pour ses ours en peluches faits main. Je l’imaginais essayer de les vendre dans des foires artisanales, ses yeux pleins d’espoir à l’approche des curieux, et la réaction horrifiée des autres dames, parlant entre elles à voix basse de ses monstruosités nichées contre les pots de confitures et les boites à bijoux.

J’en ai ri jusqu’à en pleurer.

Les dents sont arrivées la semaine suivante.

4. Vous inspirez-vous de quelque chose en particulier pour les créer ?

J’ai tendance à laisser les matériaux me guider – une certaine nuance de feutre, un style particulier de bouton, un nouvel accessoire découvert lors d’un vide grenier. Il arrive que mes Fugglers prennent vie suite à un gribouillage sur mon carnet de dessin. Quelques-unes de mes créations préférées sont d’ailleurs nées d’erreurs : une bouche coupée trop largement, des yeux inégaux, une marque sur le tissu… Au lieu de simplement les jeter de côté, je les utilise, considérant cela comme une nouvelle occasion d’expérimenter de nouvelles idées.

5. Combien de temps pouvez-vous passer sur la création d’un Fuggler ?

Chaque Fuggler me demande environ deux heures maintenant, mais cela peut me prendre plus de temps pour des modèles personnalisés, notamment si je dois créer un nouveau design à partir de zéro.

6. Avez-vous un Fuggler préféré ?

Mes préférés changent souvent, mais celui auquel je reviens le plus souvent est le Fuggler menaçant (Menacing Fuggler). Je ne résiste pas à son aspect mignon et grincheux à la fois.

7. Quelle sont vos prochains projets ?

Je travaille avec un designer afin d’avoir une gamme entière de Fuggler à proposer en boutique (et à un public plus jeune). A l’origine, j’étais écrivain, donc je souhaiterais m’y replonger en écrivant un livre sur les Fugglers. Une sorte d’histoire sur leurs origines.

8. Imaginez un instant que vous êtes à ma place, quelle question vous seriez-vous posés et quelle serait votre réponse ?

Que préférez-vous dans votre métier et à l’inverse, que détestez-vous ?

La meilleure partie de mon travail est indéniablement celle en lien avec mes clients. J’ai eu la chance d’attirer un groupe de client drôles, aimables et tout aussi étranges. Ils me soutiennent et partagent mon obsession pour les dents.

L’aspect le plus contraignant est certainement le fait de devoir gérer une entreprise par moi-même ! Je m’en sors maintenant mais les débuts ont été rudes, surtout pour quelqu’un qui n’était pas destiné à se lancer dans l’entreprenariat. Les reçus, les taxes et les factures ne sont pas mes compagnons de chambrée habituels.

9. Pour terminer, avez-vous une anecdote à nous raconter ?

Pas vraiment une anecdote, mais plutôt une chose que j’adore vraiment avec les Fugglers : les histoires que l’on raconte sur internet sur eux. Je lis souvent qu’ils sont faits de vraies dents ! Des dents d’enfants recueillies par les parents ! Des dents faites par un dentiste peu scrupuleux ! Je n’ai pas pour habitude de répondre à ces rumeurs et de rétablir la vérité quand je les vois. Je pense que la moitié du plaisir est de laisser l’imagination des internautes courir où bon leur semble, tout comme je l’ai fait lorsque j’ai vu pour la première fois des dents à vendre.

Vous souhaitez vous aussi craquer votre slip ? Rendez-vous sur Etsy. Si vous souhaitez lui déclarer votre amour, vous pouvez la stalker sur Facebook.

Merci de ne pas reprendre l’interview sans mon accord, ou bien sans citer la source : gameuze.fr/fugglers

MAJ du 24/07/2014 : Comme promis, chose due ! Oh, et vous serez ravis de savoir que oui, j’ai terrorisé ma sœur à son réveil en lui mettant mon Fuggler à quelques centimètres de son visage. Elle a hurlé, j’ai joui.

Fuggler de Merrighan

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