Edward Mordrake

Edward Mordrake : l’homme aux deux visages

Ayant la chance d’habiter près de mon lieu de travail (tellement près que de ma fenêtre, je peux saluer mes collègues et avec un peu de chance, avec des jumelles, je peux les observer manger, mais ça ferait un peu creepy), il m’arrive parfois de préférer m’étaler sur le canapé devant la télé pendant ma pause déjeuner, plutôt que de manger avec eux.

Généralement, je le fais soit parce que j’ai du sommeil à rattraper et que le faire sur mon clavier, bizarrement, je pense que ça ne le fera pas, soit parce que j’ai envie de regarder la télévision tout en mangeant de façon la plus sale possible (je ne peux décemment pas manger comme un porc sur mon lieu de travail, mes collègues risqueraient de croire que je suis un mec déguisé en fille).

C’est donc dans ce contexte-là que je me suis retrouvée à manger devant un sujet les plus répugnants qu’il soit possible de regarder pendant son repas : le cas d’Edward Mordrake.

Edward Mordrake

Né au 19e siècle au sein d’une famille noble, Edward, contrairement à ce que l’on pourrait peut-être penser, n’était pas le fruit d’une grossesse gémellaire monochoriale monoamniotique, pathologie qui se cache derrière la naissance de jumeaux siamois, mais souffrait de Diprosopus, une forme rare de jumeaux unis (oui, ça porte à confusion, mais ce sont bien deux déformations distinctes, l’une encore plus rare que l’autre).

Cette maladie lui conférait un visage au dos de son crâne, capable de rire et pleurer, selon l’humeur de Mordrake, ou de suivre le spectateur du regard (bonjour l’angoisse…). En plus de cela, Edward se plaignait d’entendre cette « face de démon », son « jumeau maléfique », comme il l’avait lui même surnommé, lui murmurer des obscénités le soir avant de s’endormir, telle une mère berçant son enfant de douces paroles démoniaques. Son « double » n’étant pas doté de cordes vocales (et ne pouvant pas manger), les médecins n’ont jamais pu constater la véracité de ses propos et ont peut-être mis cela sur un début de folie ou une affabulation afin qu’on le débarrasse de cette partie de lui.

Edward Mordrake

Dans ces conditions, on peut aisément comprendre qu’il ait préféré vivre une vie recluse, refusant tout contact, y compris familial. Cependant, cela ne l’a pas empêché d’être (d’après les sources officielles), un homme érudit avec un gout prononcé pour la musique (vu ses capacités, il aurait fait un flutiste hors pair).

Ses médecins ne pouvant intervenir pour lui retirer (ou arranger) sa déformation, Edward Mordrake mit fin à ses jours à l’âge de 23 ans, laissant une lettre indiquant qu’il souhaitait être enterré sans sa difformité.

Il a été la source d’inspiration de quelques œuvres artistiques, comme le morceau « Poor Edward » de Tom Waits.

Tom Waits – Poor Edward.

Plus récent cette fois, un film d’horreur basé sur son histoire est prévu pour le 24 octobre 2014, réalisé et écrit par Mark Christensen.

Edward Mordrake

Vu l’affiche trouvée sur le net, j’ai comme l’impression que le film, en plus de ne pas respecter la mémoire d’Edward Mordrake, sera digne d’un navet. A défaut d’avoir vu la bande annonce et pourquoi pas le film, je reste assez sceptique quant à l’idée d’adapter sa vie sur grand écran en mode « rions tous de cette horrible bête de foire ».

De nos jours, le cas qui a le plus fait parler de lui est ce chaton, appelé Two-Face, en raison de sa particularité : quatre yeux, deux nez, deux bouches.

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