Dishonored

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Comme assez souvent lorsqu’il s’agit de jeux vidéo, j’aime arriver après la guerre. Sauf qu’en général, je ne m’en vante pas spécialement, pour une raison simple : je ne parle pas de jeux récents sur Gameuze (sauf certains sur mobile). Pourquoi ? Les sites spécialisés et blogs (ringards comparés au mien) le font déjà, alors pourquoi me faire chier à suivre la tendance et vous parler de Dishonored 2 quand je peux aborder le premier opus sorti il y a plusieurs années.

C’est ti-par mes kikis et voyons ensemble ce que vaut Dishonored, premier du nom.

L’histoire

Edité en 2012 par Bethesda Softworks et développé par Arkane Studios (des lyonnais !), le jeu se déroule à l’époque Victorienne et le style Steampunk me fait furieusement penser à Sucker Punch ou The Longest Journey. Mais la comparaison s’arrête là, relax.

Corvo Attano est le protecteur personnel (et unique plan cul) de l’impératrice Jessamine Kaldwin. Oui, on est d’accord sur le fait qu’elle a un prénom digne d’un médoc’ mais laissons-lui sa chance, voulez-vous ?

Celle-ci règne sur Dunwall, ville fictive où l’activité principale consiste à traquer des baleines et exploiter leur huile. Greenpeace appréciera le clin d’œil.

A cours de solution pour lutter contre la peste qui fait rage, l’impératrice nous confie une mission : enquêter auprès des cités voisines voir si eux aussi se font massacrer ou si la peste est concentrée sur Dunwall. Réponse : On est les seuls à se faire latter le cul.

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Dunwall, ville réputée pour son ambiance festive et colorée.

A son retour, trois mois plus tard, Corvo assiste impuissant au meurtre de la souveraine. Il se voit attribuer la responsabilité de ce crime et est enfermé dans les cachots en attendant la date de son exécution (publique de préférence).

C’est sur ces airs de complots politiques que débute notre aventure. Aidé par de mystérieux alliés ayant besoin de nos compétences, nos objectifs seront de rétablir la vérité, restaurer notre honneur et mettre sur le trône l’unique héritière : Emily Kaldwin, fille unique du suppositoire.

Histoire que nous puissions nous venger comme il se doit, Corvo est doté de pouvoirs grâce à l’Outsider, mystérieux inconnu redouté par l’office religieux de la ville (et un poil stalker vu qu’il passe son temps à commenter nos faits et gestes lors de brèves rencontres).

Masque dishonored Corvo

Masque de Corvo. Utile pour passer (presque) inaperçu.

Qui dit magie, dit aussi religion farouchement opposée à quelconque forme de magie et de culte. Ses gentils membres, fortement impliqués dans la vie politique et quotidienne des habitants de la cité, sont désignés comme les Superviseurs.

Tout au long du scénario, le choix nous reviendra d’agir animé par une soif de vengeance ou bien, au contraire, d’accorder notre clémence face aux instigateurs du coup d’état. Faire sa catin ou bien, se la jouer cool bro’ en somme. En sachant que tôt ou tard, nos actions auront des conséquences sur le scénario (et le comportement des PNJ).

Gameplay

Dishonored est un jeu mêlant aventure, action et infiltration à la première personne. Libre à nous de décider de nos actions (et du sort de nos ennemis). Un objectif ne se résout pas, comme ce fut parfois le cas pour Styx : Master of Shadows, d’une seule manière mais de plusieurs façons !

Faire le choix de l’action au détriment de l’infiltration serait zapper des quêtes annexes (aider des citoyens, cela peut aussi prendre la forme d’un meurtre opportun) et des indices permettant d’en apprendre plus sur la ville, les protagonistes de l’histoire (dont leurs pensées et craintes nous concernent).

Les pouvoirs octroyés par l’Outsiders sont l’une des raisons pour lesquelles on peut accomplir une quête de plusieurs manières (ou même d’arriver à un point précis en évitant de nombreux obstacles).

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Manière comme une autre d’atteindre sa cible.

Plusieurs capacités surnaturelles (actives et passives) sont à débloquer et améliorer en collectant les runes disséminées dans la ville. Chaque pouvoir compte un niveau d’amélioration mais inutile de rêver : le prix en runes étant élevé selon le sort, ces derniers ne se débloquent et améliorent pas aussi rapidement qu’on pourrait le penser au premier abord. Si un sort « simple » vaut une rune, son amélioration nous revient à 4 runes. En revanche, si l’action souhaitée est plus « complexe », comptez 4 runes pour pouvoir la débloquer et 8 pour l’améliorer. Ça calme tout de suite.

Clignement : Équivaut à un bon vieux sort de téléportation. Sympa pour accéder à des corniches ou tout autre niveau en hauteur (sous réserve d’une certaine distance, Corvo n’est pas Harry Potter).

Vision des Ténèbres : Possibilité de percevoir les ennemis et leur champ visuel.

Nuée dévorante : Faire poper au calme une horde de rats affamés.

Possession : Posséder n’importe quel être vivant durant un temps limité (bien qu’on puisse contrôler des rats, ces derniers ne sont pas foutus de passer à travers les grilles de barreaux).

Pli temporel : Se la jouer Piper Halliwell en figeant le temps.

Coup de vent : Petite bourrasque venue de nulle part mais plutôt cool pour disperser (et tuer au niveau II) des ennemis. Ayant privilégié un jeu d’infiltration, autant vous dire que je ne me suis pas préoccupée de cette compétence.

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Marque de l’Outsider.

L’exploration, je le répète, est à mon sens, un élément très important du gameplay. Le nombre d’heures passés à escalader, chercher un chemin menant vers une rune, charme d’os (objet nous permettant de nous octroyer des bonus sympas comme l’amélioration de notre de mana) ou quête secondaire m’a pris bien plus de temps que si je m’étais contentée de boucler la quête principale sans prendre la peine de visiter les lieux.

Certes, ça augmente la durée de vie mais surtout, ça nous permet de planifier différemment nos actions. Par exemple, si notre objectif est de ne jamais déclencher l’alerte et ne faire aucune victime, mettons tout de suite les choses au clair : on va douiller notre maman. Pourquoi ? Parce que les gardes ne sont pas les seuls ennemis dont il faut se méfier, loin de là.

Comme dit plus haut, la ville subit de plein fouet une épidémie de peste. En plus de devoir cacher un garde assommé et ne pas se faire griller par un compère bien éveillé lui, il faut également le protéger des rats dont l’agressivité et la voracité n’est plus à remettre en question.  Si un garde se fait bouffer dans son sommeil (et en notre absence), on rate de peu l’objectif « Main propre ».

Petite précision : si au contraire, on est d’humeur sadique avec une envie de trucider tout le monde, les meurtres sont à faire avec précaution. Pour y être allée en mode YOLO (je me suis sacrifiée pour vous), Corvo n’est pas de taille face aux gardes (qui arrivent sans fin). Autant se barrer ou charger une partie pour empêcher quiconque de donner l’alerte.

Autre détail qui a son importance et dont j’ai rapidement fait mention, nos actions se répercutent tant sur le scénario que sur le gameplay.

Tuer des personnages principaux, gardes ou civil générera du chaos, chaos qui aura une forte influence sur la suite de nos aventures. En effet, plus le taux de criminalité est élevé et plus les rats et infectés seront nombreux à circuler et propager la peste. Donc, in fine, plus il sera compliqué de résoudre la crise sanitaire et avoir une fin joyeuse. Logique non ? Qui plus est, avoir joué les sadiques en chef (tout en faisant preuve de clémence) ne m’aura pas permis de débloquer une quête annexe vers la toute fin du jeu. Chiant mais ça ne m’a pas empêchée de continuer de massacrer les gardes. Tant qu’à avoir un chaos élevé, autant viser le maximum.

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Quand t’en as plus rien à péter.

Le jeu propose pas moins de quatre fins différentes dépendantes des choix que nous avons pu faire précédemment. Dans mon cas, j’ai pu avoir deux fins, les deux étant sous l’influence d’un taux de chaos élevé.

Enfin, l’IA est acceptable bien que j’ai déjà trouvé mieux. Certes, les gardes ne nous lâchent pas dès lors qu’on se fait griller mais ces derniers ont un comportement classique : tour de garde, bailler, fumer, pisser, regarder les images d’un livre… Bref, rien de bien folichon concernant leur comportement.

Cependant, j’ai bien apprécié les messages nous concernant : lettres, notes, conversations entre deux gardes, journaux, avis de recherches…

A noter qu’à chaque chargement de parties, des petites surprises nous attendent comme un garde tué mais de nouveau présent au poste.

Graphisme

Bon, on va pas se leurrer, le moteur 3D est faiblard. Il l’était déjà à la sortie de Dishonored en 2012 et ça ne va pas en s’arrangeant.

Globalement, même si les rues de Dunwall sont vidées de ses habitants (habilement justifié par l’épidémie de peste et le couvre-feu imposé par le Lord Régent, aka le dictateur en place depuis le décès de l’impératrice), les murs sont taggués par de nombreux messages de désespoirs, d’appels au secours, de délires paranoïaques ou religieux et enfin, d’avis de recherche donnant un peu plus de cachet aux lieux.

Malgré le retard technique, Dishonored compense cet aspect en proposant un univers steampunk créé sur mesure et sortant de l’ordinaire.

gameplay dishonored

Les habitations se ressemblent par moment mais l’ambiance y est présente, allant d’un lieu vétuste, insalubre et pas franchement accueillant à l’intérieur d’un manoir aux couleurs chaudes, où les invités se baladent aux grés de leurs envies.

Bande-son

Alors. Comment dire. Au moment où j’écris mon article, j’ai terminé le jeu il y a de ça quelques heures. Pourtant, la seule musique dont je me souvienne bien, c’est celle de fin.

Cependant, ça ne veut pas dire que la bande-son est quelconque ou naze ! Nope, du tout. Juste qu’elle est discrète et correspond au style industriels et maritimes.

Le doublage est… Je dirais que les acteurs font leur job. Pas transcendant mais pas catastrophique pour autant.

Conclusion

Très franchement, en lançant le jeu (qui me faisait de l’œil depuis sa sortie, le pire étant que je l’avais à ma disposition depuis presque autant d’années), je ne pensais pas en parler ici. Parce que c’est un « gros » jeu, tout le monde y est allé de son avis et… Je ne voyais pas comment l’aborder, ni même ce que j’allais bien pouvoir apporter de plus (et je n’ai toujours pas trouvé réponse à cette question).

Sauf que le jeu m’a plu et correspond à des jeux dont j’ai déjà pu parler par le passé alors pourquoi pas ? Si vous m’avez déjà fait confiance par le passé alors continuez de le faire, vous ne serez pas déçu. Dishonored vous plaira dès lors que vous appréciez les jeux d’action & infiltration servi sur un scénario sympathique (quoique prévisible sur certains aspects).

Bien qu’il pèche par une durée de vie trop courte (j’y ai joué 35h en sachant que j’ai pris mon temps et que mon temps de jeu est faussé par des urgences sanitaires), le scénario & gameplay valent la peine qu’on s’y attarde. Alors, tenté ou bien vous faites parties de ceux ne m’ayant pas attendu pour le découvrir ?

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